[ Programme | S'incrire | Aller sur le site ]

L' e-SANTÉ, SUPPORT ET LEVIER DE LA QUALITÉ DES SOINS

Dr Sylvia BENZAKEN
Vice-Présidente de la CME, CHU de Nice

La diffusion massive des technologies de l'information et de la communication dans nos sociétés est naturellement venue interpeller le monde de la santé, autant ses professionnels que surtout ses usagers.

Du smartphone avec ses applications allant de la promotion du bien-être à la modernisation des prises en charge, au robot chirurgical en passant par l'imagerie 4D ou le séquençage génomique, le numérique est partout.

Mais quel impact sur la santé de nos concitoyens et surtout sur nos organisations tant hospitalières qu'ambulatoires ?

Nos patients et notre système de soins bénéficient-ils de cette révolution numérique ou devons-nous encore apprendre en marchant (en surfant !) pour réellement en optimiser l'usage et faire « la santé, bien commun de la société numérique » ?

La télémédecine et ses nombreuses déclinaisons ont déjà permis de réduire les inégalités en termes d'équipement ou de ressources médicales entre les territoires et donc entre les citoyens.
Les exemples de la prise en charge de l'AVC, des insuffisants cardiaques, des dialysés ne peuvent que pousser les professionnels à utiliser ces modalités innovantes et à se les approprier…
Même si à ce jour, les mécanismes de financement ne sont toujours pas en place.

Au sein des établissements de santé, les dossiers patients informatisés qui rassemblent toutes les données tant administratives que médicales, telle l'observation clinique ou les résultats des examens de biologie, d'imagerie, ou les prescriptions, sont largement diffusés.

L'ordinateur ou la tablette tactile n'ont cependant pas suffisamment remplacé le papier et malgré l'informatisation rapide, la multiplicité des supports existe encore et les transcriptions multiples induisent des risques dans les échanges d'information.

L'affirmation de la e santé devrait vite unifier les supports dans le sens de la dématérialisation.

Cet e-dossier doit demain traverser les murs de l'hôpital et permettre à tous les professionnels intervenants autour du malade, chez lui ou au cabinet de ville d'y récupérer et d'y insérer les informations pertinentes et utiles à la prise en charge.

La convergence entre tous les systèmes d'information et notamment avec le « Dossier médical Partagé » version 2, pris en main par l'organisme payeur du système de santé, est l'enjeu principal du monde de l'e-santé en France en 2016. La crédibilité et la force de la e-santé, à faire évoluer les organisations au-delà du respect des fondamentaux comme la sécurité et l'intégrité des données, passent par ses capacités de partage et d'échanges.

L'enseignement et la recherche en santé ont aussi appris de ces technologies nouvelles, la simulation comme l'e-learning ou les MOOC (Massive Online Open Courses) sont aujourd'hui pratique courante en formation initiale comme en formation continue.

La recherche toujours friande de « Big Data » a tout à gagner de l'utilisation et de la maîtrise de l'e-santé. Les « living labs », lieux d'échanges entre les professionnels, les industriels de la santé, représentés aujourd'hui surtout par d'énergiques start-ups ou de géniaux codeurs, et les patients, vont accélérer la mise en œuvre des outils pertinents de la e-santé.

La e-santé modifie les organisations, facilite les échanges entre professionnels, bouscule la relation soignant-soigné en faisant du patient un « partenaire » à la fois par la connaissance en direct de ses données médicales et par l'acquisition de savoirs faciles d'accès.
C'est une révolution à la fois des techniques et des pratiques au service du patient, porteuse de promesses enthousiasmantes pour la qualité des soins, l'efficience du système et la place renforcée des patients.

Suivez-nous / Follow us